Édito de Mars-Avril 2020 – Le sens de l’algorithme

L’intelligence artificielle (IA) est source d’innovation. Mais que doit-on lui confier ?

Par - Le 18 mars 2020.

ACTU CORONAVIRUS
Dans le champ de l’éducation, la crise sanitaire ouverte par la pandémie Coronavirus / Covid-19 a eu pour conséquence de priver d’enseignement près de la moitié de la population mondiale d’âge scolaire (données Unesco). De façon inédite, partout dans le monde, les systèmes d’apprentissage aujourd’hui très majoritairement structurés autour de la modalité présentielle sont incités à migrer vers des solutions à distance. C’est ici que les acteurs de l’innovation entrent en jeu. Comme le souligne le Forum des acteurs de la formation digitale (Fffod), il ne s’agit pas de confondre urgence et précipitation et il ne sera pas possible de répondre à l’ensemble des besoins, en témoigne la fermeture déjà avérée d’organismes de formation qui se sont trouvés dans l’incapacité technique et organisationnelle de s’adapter. Cela ne signifie pas pour autant que tous les efforts sont vains et, dès l’annonce des premières mesures gouvernementales, les initiatives solidaires en faveur de la continuité pédagogique se sont multipliées. Il est ici impossible de tous les citer mais on peut saluer la mobilisation des associations professionnelles qui ont su engager des démarches collectives par souci d’efficacité et de visibilité. Nous avons ainsi déjà pu rendre compte des initiatives d’EdTech France (article) et du Fffod (article). Pour faciliter le suivi de l’impact du coronavirus sur les activités du champ emploi-formation, Centre Inffo a créé un fil d’actualité accessible ici : https://www.centre-inffo.fr/coronavirus-covid19

Le sens de l’algorithme

Dans une contribution au site The Conversation, Oihab Allal-Cherif, professeur de Management des systèmes d’information et de management des achats à Neoma Business School Reims, a récemment décrit son expérience de l’intelligence artificielle appliquée au recrutement (Mon DRH est une IA). Du sourcing aux premiers entretiens, tout a été géré par Alex, avatar dénué de genre, sexe et nationalité.

On le comprend vite, l’intention est d’éviter les biais qui conduisent à la discrimination : « l’entreprise qui a conçu Alex garantit que ses algorithmes sont exempts des biais humains et effectue des contrôles pour que le système d’apprentissage machine (machine learning) n’intègre pas d’éléments qui nuiraient à son objectivité. »

Autrement dit, ce qu’un cursus d’études supérieures de haut niveau ne parviendrait pas à inculquer aux futurs DRH est garanti, nous dit-on, par un algorithme. Est-ce une bonne nouvelle ? Sans doute la réponse est à modérer en fonction des objectifs poursuivis, des situations à traiter et du degré d’intégration de l’automatisation des processus de recrutement. Reste que DRH ou pas, l’innovation sonne ici comme un avertissement : il ne s’agit pas de sous-traiter aux machines des tâches d’intérêt secondaire et de faible dimension cognitive. Mais de déléguer ce qu’Albert Jacquard appelait « l’art de la rencontre ». Dans un sursaut d’orgueil, on aimerait au moins connaître ce qui fonde l’algorithme de cette IA dans l’espoir d’y trouver matière à progresser !

On peut aussi rappeler qu’une association professionnelle comme À Compétence Égale continue de proposer aux humains en charge des ressources humaines des formations pour recruter sans discriminer : https://acompetenceegale.com/se-former

Quelques conférences Ted sur le sujet de la transparence des algorithmes :

Bonne découverte de cette seizième édition de la lettre de l’innovation, largement consacrée à notre dernière Université d’hiver de la formation professionnelle. Pour bien commencer, retrouvez ci-dessous en vidéo les quatre épisodes de notre série consacré au « Village Edtech » qu’ont pu découvrir en direct les participants : Épisode 1  – Épisode 2Épisode 3Épisode 4

N’hésitez pas à partager : https://www.centre-inffo.fr/site-centre-inffo/la-lettre-de-linnovation

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