Transitions professionnelles : les pistes du Céreq pour accompagner les moins qualifiés

La crise socio-économique « appelle sans doute une gestion plus ambitieuse des transitions professionnelles, notamment pour les salariés les moins qualifiés », estime le Céreq. Dans une note publiée début avril, le centre d’études et de recherches sur les qualifications propose quatre leviers d’action.

Par - Le 23 avril 2021.

Plus d’un salarié sur dix évoluent très peu dans leur parcours, et les trois quarts sont employés ou ouvriers. Ils sont en effet moins nombreux à bénéficier de formations au sein de leur entreprise (37% contre 58% des autres salariés). Cette situation, en grande partie liée aux choix des directions d’entreprise, aboutit à les cantonner à des formations strictement adaptatives, sans les faire progresser. Ils sont donc moins bien armés pour engager une reconversion professionnelle si nécessaire, alors même qu’ils constituent la principale variable d’ajustement des restructurations économiques.

Le recours seul au compte personnel de formation (CPF) ne suffit pas à effacer leur déficit majeur d’accès à la formation. L’acquisition de compétences transférables nécessite l’engagement des entreprises qui les emploient, qui peuvent notamment abonder le CPF de leurs salariés. Pour parvenir à développer leurs compétences, le Céreq propose quatre leviers d’action.

• Valoriser l’activité de travail. La validation des acquis de l’expérience (VAE) s’avère plus adaptée à un public qui peut être réfractaire aux formations « classiques ». La reconnaissance récente des actions de formation en situation de travail peut contribuer aussi à redéfinir les contours de nombreux métiers en visant la certification des compétences acquises par le travail.

• Accompagner les individus dans la construction de leur parcours. Il s’agit de permettre aux individus d’identifier le potentiel de transférabilité des compétences qu’ils détiennent. Pour cela, on peut s’appuyer sur les entretiens professionnels et sur le conseil en évolution professionnelle (CEP). Le CEP aide les moins qualifiés à identifier les compétences acquises et utiles en cas de reconversion, et les compétences additionnelles à acquérir pour réussir leur transition.

• Assurer la sécurisation des parcours par des mobilités qualifiantes. Il s’agit de permettre aux salariés les moins qualifiés de développer la polyvalence et de la reconnaître via des certifications de branche pour faciliter leur mobilité. Le secteur de la logistique y a eu recours pour favoriser son attractivité, et a permis de reconnaître la profession d’agent polyvalent en logistique, qui offre des perspectives d’évolution aux  magasiniers ou aux caristes.

• Mettre en cohérence gestion des mobilités et système de certifications. Depuis 2014, toutes les certifications doivent être découpées en blocs de compétences faisant chacun l’objet d’une validation spécifique, l’enjeu est désormais de pouvoir relier différents « blocs » entre eux. On pourrait ainsi envisager que des blocs rattachés à une certification précise puissent être reconnus comme des composantes possibles de l’obtention d’une autre certification.

Compte tenu de la faiblesse de la négociation d’entreprise en matière de formation, c’est surtout au niveau des branches professionnelles que réside la perspective d’une appropriation la plus complète de l’enjeu d’une gestion des transitions professionnelles.


La note du Céreq consacrée aux transitions professionnelles.

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