Acte 1 – La crise sanitaire précipite la digitalisation des prestataires de formation

L’année 2020 devait être celle du déploiement à plein régime de la réforme de 2018. Inédite, la crise du coronavirus allait bouleverser en profondeur les pratiques des acteurs de la formation, précipitant des transformations déjà à l’oeuvre et révélant de nouveaux enjeux. Le Quotidien de la formation revient, en quatre actes, sur ces neuf derniers mois. Le premier acte démarre avec la fermeture au public des centres de formation et un grand plongeon dans l’ère digitale.

Par - Le 21 décembre 2020.

Le 16 mars, c’est la sidération. Suite au confinement strict décidé par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de coronavirus, les centres de formation ne peuvent plus accueillir leurs stagiaires. Du jour au lendemain, la digitalisation de l’offre devient incontournable et s’impose à tous pour garantir la continuité pédagogique. En quelques semaines, les prestataires de formation ont développé des solutions à distance. Certains partaient de zéro. Selon la Fnadir, 25% des CFA ne disposait d’aucun outil d’e-learning. La crise allait bousculer le rythme de la transformation digitale d’un secteur jusqu’ici frileux.

Entraide et agilité

Face à l’urgence, les initiatives de mise à disposition et d’accompagnement se sont multipliées. Les plus chevronnés de l’e-learning ont ainsi ouvert leur plateforme aux organismes de formation à l’instar d‘Open Classrooms, du groupement d’intérêt public Pix ou encore de l’Afpa via sa plateforme Mètis. Cette mobilisation a porté ses fruits. Durant ce premier confinement, les deux tiers des demandeurs d’emploi ont pu bénéficier de la formation à distance. 92% des CFA  ont franchi le pas et, selon une enquête réalisée par le Fffod, plus de 79% des organismes de formation ont adapté leur offre. Le printemps 2020 aura levé les résistances et précipité un mouvement inéluctable.

Les défis de la digitalisation

Toutefois, cette marche forcée a aussi révélé les enjeux pédagogiques et technologiques de ce qu’il faut bien appeler une révolution culturelle. Si l’élan a été donné, la route est encore longue. Selon la Fnadir, plus de la moitié des CFA ont exprimé un fort besoin en accompagnement. Il y a, bien-sûr, la nécessité de s’approprier les outils digitaux et leurs usages. Les formateurs ont également pu mesurer l’impact du digital sur leurs pratiques pédagogiques, ses opportunités et ses risques. La dernière enquête du Fffod pointe les enjeux de la transformation digitale du côté des prestataires de formation comme des apprenants, dessinant la voie pour de parcours hybrides.

Une enveloppe de 300 millions d’euros

En consacrant 300 millions d’euros à la modernisation des organismes de formation le plan de relance acte la nécessité d’accélérer la transformation digitale. Les grands principes sont posés : mise à disposition de ressources technologiques et pédagogiques, soutien à la formation des formateurs ou encore au premier équipement des apprentis. Les modalités de mise en oeuvre devraient être précisées au début de 2021. L’écosystème se met lui aussi en ordre de bataille. Les opérateurs de compétences, les fédérations professionnelles, les Régions ou encore les grands réseaux de CFA développent des solutions d’accompagnement et des aides aux investissements.

Un levier stratégique

Autre conséquence de la crise, la digitalisation s’est invitée dans la nouvelle démarche qualité portée par la réforme de 2018. Au 1er janvier 2022, la certification Qualiopi conditionnera l’accès aux fonds publics et mutualisés. Selon le ministère du Travail, le référentiel, tel qu’il est, couvre le sujet. Le guide de lecture pourrait, dans une nouvelle version, valoriser les indicateurs concernés. Au-delà de l’obligation réglementaire, l’innovation digitale n’est désormais plus une option. Élément clé du modèle économique, elle conditionnera, pour beaucoup, le développement des prestataires de formation.

 


A lire aussi :

La mobilisation des acteurs pour assurer la continuité d’activité

 

Les conséquences de la crise sur les prestataires de formation

 

Les dossiers d’Inffo Formation

  • La formation à l’heure du Coronavirus (n°986)
  • Formation à distance, des techniques à intégrer d’urgence (n° 989)
  • L’apprentissage à l’épreuve de la crise (n°994)
  • France relance accélère la modernisation du secteur de la formation (n°996)

 

 

 

 

 

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